Responsabilité notaire salarié
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La responsabilité du notaire salarié en cas de faute

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FEV
Le cabinet

En cas de faute d'un notaire salarié, qui engage sa responsabilité : le notaire ou l'office ? Réponse et recours.

La question de la responsabilité du notaire salarié en cas de faute professionnelle soulève des interrogations importantes pour les victimes cherchant à obtenir réparation. Qui est responsable : le notaire salarié lui-même ou l'office au sein duquel il exerce ?

Le statut du notaire salarié

Le notaire salarié exerce ses fonctions au sein d'un office notarial, sous l'autorité du notaire titulaire (ou associé). Contrairement au notaire libéral, il est lié par un contrat de travail et bénéficie du statut de salarié. Toutefois, il conserve la qualité d'officier public et dispose du pouvoir d'authentifier les actes.

Ce double statut -- salarié et officier public -- crée une situation juridique particulière en matière de responsabilité.

Le principe : la responsabilité du notaire titulaire

L'engagement de la responsabilité de l'office

En droit commun, l'employeur est responsable des fautes commises par ses préposés dans l'exercice de leurs fonctions (article 1242 alinéa 5 du Code civil). Appliqué au notariat, ce principe signifie que le notaire titulaire de l'office (ou la société titulaire) est en principe responsable des fautes commises par le notaire salarié.

La victime d'une faute commise par un notaire salarié peut donc diriger son action en responsabilité contre le notaire titulaire de l'office, qui est tenu de réparer le préjudice causé.

L'assurance de l'office

L'office notarial est couvert par une assurance responsabilité civile professionnelle obligatoire. Cette assurance a vocation à prendre en charge les conséquences financières des fautes commises par l'ensemble des professionnels exerçant au sein de l'office, y compris les notaires salariés.

L'exception : la responsabilité personnelle du notaire salarié

La faute détachable des fonctions

Dans certains cas, le notaire salarié peut voir sa responsabilité personnelle engagée. C'est le cas lorsque la faute commise est considérée comme détachable de ses fonctions, c'est-à-dire lorsqu'elle relève d'un comportement intentionnel, d'une faute pénale, ou d'un agissement sans rapport avec l'exercice normal de ses fonctions.

Les hypothèses de responsabilité pénale

Si le notaire salarié commet une infraction pénale (faux en écriture publique, abus de confiance, escroquerie), sa responsabilité pénale est engagée à titre personnel. La responsabilité civile qui en découle peut également lui être directement imputée.

Les recours de la victime

L'action contre l'office

La voie la plus sûre pour la victime consiste à agir contre le notaire titulaire ou la société d'exercice, qui dispose de l'assurance professionnelle. Cette action se prescrit par cinq ans à compter de la réalisation du dommage ou de la date à laquelle la victime en a eu connaissance.

L'action contre le notaire salarié

L'action directe contre le notaire salarié est possible mais rarement utilisée en pratique, car le patrimoine personnel du salarié offre généralement moins de garanties que l'assurance de l'office.

La garantie collective

En complément de l'assurance individuelle, la profession notariale dispose d'un mécanisme de garantie collective géré par le Conseil supérieur du notariat, qui peut intervenir en cas d'insuffisance de l'assurance de l'office.

Conclusion

En cas de faute d'un notaire salarié, c'est en principe le notaire titulaire de l'office qui engage sa responsabilité et qui est tenu de réparer le préjudice. La victime a tout intérêt à diriger son action contre l'office pour bénéficier de la couverture assurantielle. Notre cabinet peut vous accompagner pour identifier la stratégie de recours la plus efficace et obtenir la réparation de votre préjudice.

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